Faire un plancher bois dans un garage, c’est la solution la plus efficace pour créer un étage de stockage, un atelier surélevé ou même un espace habitable au-dessus de votre garage existant. Que votre garage fasse 15 m² ou 40 m², le principe reste le même : un solivage solide fixé aux murs porteurs, recouvert de panneaux ou de lames de bois. Le résultat ? Un gain de surface considérable sans toucher à l’emprise au sol de votre maison. Ce guide vous accompagne pas à pas, du calcul du solivage à la pose du platelage, en passant par le choix des matériaux et les erreurs à éviter. Vous aurez toutes les clés pour réussir votre projet, que ce soit pour du stockage léger ou pour supporter le poids d’un véhicule.
En résumé
- Un plancher bois de garage repose sur un solivage avec des solives de section 75×225 mm minimum, espacées de 40 à 60 cm d’entraxe
- La charge à prévoir varie de 150 kg/m² (stockage léger) à 500 kg/m² et plus (véhicule)
- Les panneaux OSB ou CTB-H en épaisseur 18 à 22 mm constituent le platelage le plus courant
- Le projet complet coûte entre 30 et 80 € par m² en matériaux, selon les sections de bois et la finition choisie
Comment faire un plancher bois dans un garage : la méthode complète étape par étape
Pour installer un plancher bois dans un garage, vous devez suivre quatre grandes étapes : préparer les murs et fixer les sabots de solives, poser les solives et vérifier le niveau, installer le platelage (panneaux ou lames), puis réaliser les finitions et le traitement du bois. Avant de toucher au moindre outil, commencez par vérifier que vos murs sont porteurs et capables de supporter la charge. Un mur en parpaings de 20 cm d’épaisseur convient parfaitement pour un plancher de stockage. Un mur en briques creuses de 10 cm, en revanche, nécessitera un renfort ou une poutre porteuse intermédiaire.
Concrètement, voici le déroulé simplifié. Vous fixez d’abord des sabots métalliques ou une lisse bois (aussi appelée « muralière ») sur les murs porteurs, à la hauteur souhaitée pour votre plancher. Ensuite, vous insérez les solives dans ces sabots, en respectant un entraxe de 40 à 60 cm selon la portée et la charge prévue. Une fois les solives calées et parfaitement de niveau, vous vissez les panneaux de platelage (OSB, contreplaqué CTB-H ou lames de plancher massif) par-dessus. Enfin, vous traitez le bois contre l’humidité et les insectes.
Le temps de réalisation dépend de la surface. Pour un garage standard de 20 m², comptez un week-end complet à deux personnes si vous êtes bricoleur confirmé. Pour un garage de 35 à 40 m², prévoyez plutôt 3 à 4 jours. L’investissement en matériaux oscille entre 600 € et 2 000 € selon la surface, les sections de solives et le type de platelage choisi. C’est nettement moins cher qu’une dalle béton, et beaucoup plus rapide à mettre en œuvre.
Bref, le principe est accessible à tout bricoleur qui maîtrise les bases de la charpente et du travail du bois. La clé de la réussite, c’est la rigueur dans le calcul du solivage et la précision du nivellement. Un plancher mal calculé ou mal nivelé, c’est un plancher qui vibre, qui fléchit et qui finit par poser des problèmes structurels. Suivez les étapes détaillées ci-dessous et vous obtiendrez un résultat solide et durable.
Avant de commencer, dessinez un plan coté de votre garage avec les dimensions exactes, l’emplacement des ouvertures (porte de garage, fenêtres) et la hauteur sous plafond disponible. Ce schéma plancher bois étage vous servira de référence pour calculer le nombre de solives, les sections nécessaires et la quantité de panneaux à commander.
Pourquoi installer un plancher bois dans un garage ?
Le premier avantage d’un plancher bois sur solivage dans un garage, c’est le gain de surface sans extension. Vous doublez littéralement votre espace utilisable sans modifier l’emprise au sol de votre habitation. Dans un garage de 20 m², vous récupérez jusqu’à 18 m² de surface de stockage en mezzanine (en retirant l’espace de la trémie d’accès). C’est l’équivalent d’une pièce supplémentaire, pour une fraction du coût d’un agrandissement classique.
Le bois offre aussi des avantages techniques par rapport à une dalle béton suspendue. Il est beaucoup plus léger : un plancher bois pèse entre 30 et 50 kg/m² contre 250 à 350 kg/m² pour une dalle béton. Vos murs et fondations existants supporteront donc bien plus facilement la charge. Le bois est également un excellent isolant thermique naturel, ce qui limite les déperditions de chaleur si vous envisagez d’aménager l’espace au-dessus du garage. Enfin, la mise en œuvre est plus rapide et ne nécessite pas de temps de séchage comme le béton.
Ce type de projet répond à plusieurs besoins concrets. Vous pouvez créer un plancher de stockage dans un garage pour y ranger cartons, outils saisonniers, équipements de sport ou matériel de bricolage. Vous pouvez aussi aménager un atelier en hauteur, un bureau, voire une chambre d’appoint si la hauteur sous plafond le permet (comptez au minimum 2,20 m sous le plancher pour conserver un usage confortable du garage en dessous, et 1,80 m minimum au-dessus pour circuler).
Côté budget, un plancher bois revient entre 30 et 80 € par m² en matériaux seuls. À titre de comparaison, une dalle béton sur poutrelles hourdis coûte entre 80 et 150 € par m² posée par un professionnel. Le bois est donc la solution la plus économique pour un bricoleur qui réalise la pose lui-même. Et contrairement à ce qu’on pourrait croire, un plancher bois bien dimensionné et bien traité dure plusieurs dizaines d’années sans problème.
Prérequis : vérifier la structure et les fondations du garage
Avant de commander le moindre matériau, vous devez impérativement vérifier que votre garage peut accueillir un plancher bois sur solivage. Le point critique, ce sont les murs porteurs. Les solives vont transmettre leur charge aux murs sur lesquels elles reposent. Un mur en parpaings de 20 cm (le standard pour un garage) supporte sans difficulté un plancher de stockage. Un mur en parpaings de 15 cm convient aussi pour du stockage léger. En revanche, un mur en briques creuses de 10 cm ou une cloison légère ne peut pas recevoir de solives : il faudra alors prévoir une poutre porteuse intermédiaire reposant sur des poteaux.
Vérifiez ensuite l’état des murs. Cherchez les fissures, les traces d’humidité, les joints dégradés. Une fissure horizontale traversante est un signal d’alerte sérieux : elle peut indiquer un problème de fondations ou de portance. Dans ce cas, faites intervenir un maçon ou un ingénieur structure avant de poursuivre. Des joints simplement usés se reprennent facilement, mais un mur structurellement affaibli ne doit pas recevoir de charges supplémentaires.
Les fondations du garage méritent aussi votre attention. Un garage construit sur des fondations standard (semelles filantes de 40 à 60 cm de profondeur) supporte généralement l’ajout d’un plancher de stockage. Mais si votre garage repose sur une simple dalle posée au sol sans fondations profondes (cas de certains garages préfabriqués ou anciens), la charge supplémentaire peut provoquer des tassements différentiels. En cas de doute, consultez le Code de la construction et de l’habitation ou faites réaliser une étude de sol.
Enfin, mesurez la hauteur sous plafond de votre garage. Pour un plancher de stockage accessible par une échelle, il vous faut au minimum 3 mètres de hauteur totale : 2,20 m en dessous (pour passer sous le plancher avec un véhicule ou travailler debout) et 80 cm au-dessus pour accéder aux rangements. Pour un espace habitable en mezzanine, visez plutôt 4,50 m de hauteur totale afin de conserver 2,20 m en bas et 1,80 m en haut. Prenez vos mesures à plusieurs endroits, car le sol ou le plafond peuvent ne pas être parfaitement horizontaux.
Si la surface créée dépasse 20 m² et que vous transformez le garage en espace habitable, une déclaration préalable de travaux est obligatoire auprès de votre mairie. Au-delà de 40 m² de surface de plancher créée (ou 20 m² hors zone PLU), un permis de construire est exigé. Pour un simple plancher de stockage sans changement de destination, aucune formalité n’est généralement requise, mais renseignez-vous auprès de votre service urbanisme local.
Quels matériaux et outils pour un plancher bois de garage ?
Le choix des matériaux conditionne directement la solidité et la longévité de votre plancher. Pour les solives, privilégiez du bois résineux de charpente : sapin, épicéa ou pin douglas. Le douglas est le plus résistant naturellement à l’humidité, mais il coûte environ 20 % plus cher. Le sapin et l’épicéa conviennent parfaitement à condition d’être traités classe 2 minimum (traitement autoclave ou par trempage). Les solives se vendent en sections standardisées : 63×175 mm, 75×200 mm, 75×225 mm ou 100×225 mm. La section dépend de la portée et de la charge (on y revient dans la section suivante).
Pour le platelage, vous avez trois options principales. Les panneaux OSB 3 (résistants à l’humidité) en épaisseur 18 ou 22 mm sont le choix le plus courant : ils coûtent entre 8 et 15 € le m², se posent vite et offrent une bonne résistance mécanique. Les panneaux de contreplaqué CTB-H (qualité extérieure) sont plus chers (15 à 25 € le m²) mais plus rigides et plus durables. Enfin, les lames de plancher massif en sapin ou pin (épaisseur 22 à 27 mm) donnent un rendu esthétique supérieur, idéal si l’espace sera visible ou habitable, pour un coût de 15 à 30 € le m².
Côté quincaillerie, vous aurez besoin de sabots de solives (aussi appelés étriers) en acier galvanisé, adaptés à la section de vos solives. Comptez 2 sabots par solive (un à chaque extrémité). Prévoyez aussi des équerres de renfort si la portée dépasse 4 mètres, des vis à bois de 5×70 mm ou 5×90 mm pour le platelage, des tire-fond de 10×120 mm pour fixer les muralières, et des chevilles à frapper de 10×100 mm pour l’ancrage dans les parpaings. N’oubliez pas un film pare-vapeur si le garage est humide, à poser entre les solives et le platelage.
Pour les outils, voici la liste indispensable : une perceuse-visseuse puissante (18V minimum), un perforateur pour percer les parpaings, une scie circulaire ou scie à onglets pour couper les solives, un niveau à bulle de 1,20 m ou un niveau laser, un mètre ruban de 5 m, un crayon de charpentier, un marteau, et des serre-joints. Un niveau laser rotatif est un vrai plus pour tracer l’horizontale parfaite sur les quatre murs. Vous pouvez en louer un pour environ 30 à 50 € la journée en magasin de bricolage.
Calculer le solivage : sections, entraxe et portée
Le calcul du solivage plancher bois est l’étape la plus technique, mais aussi la plus importante. Un solivage sous-dimensionné, c’est un plancher qui fléchit, vibre et peut finir par céder. À l’inverse, un solivage surdimensionné, c’est du budget gaspillé. L’objectif est de trouver le juste équilibre entre la section des solives, leur entraxe (espacement entre axes) et la portée (distance entre les deux appuis).
La portée, c’est la distance libre entre les deux murs porteurs sur lesquels reposent les solives. Pour un garage standard, elle varie généralement entre 3 et 6 mètres. Plus la portée est grande, plus la section des solives doit être importante. Voici les sections courantes pour un plancher de stockage léger (150 kg/m²) : pour une portée de 3 m, des solives de 63×175 mm avec un entraxe de 50 cm suffisent. Pour 4 m de portée, passez à du 75×200 mm avec un entraxe de 40 cm. Pour 5 m, il faut du 75×225 mm à 40 cm d’entraxe. Et pour 6 m, prévoyez du 100×225 mm à 40 cm d’entraxe ou ajoutez une poutre intermédiaire.
L’entraxe des solives détermine aussi l’épaisseur du platelage. Avec un entraxe de 40 cm, des panneaux OSB de 18 mm suffisent. Avec un entraxe de 50 cm, passez à 22 mm d’épaisseur. Avec un entraxe de 60 cm, il faut au minimum 25 mm, voire du contreplaqué de 22 mm qui est plus rigide que l’OSB. En clair, resserrer l’entraxe permet d’utiliser un platelage plus fin, mais augmente le nombre de solives (et donc le coût). C’est un arbitrage à faire en fonction de votre budget et de la charge prévue.
Pour un garage de 6 m × 4 m, les solives sont posées dans le sens de la plus petite portée (4 m). Avec des solives de 75×200 mm à 40 cm d’entraxe, vous aurez besoin de 15 solives de 4 m (6 m ÷ 0,40 = 15). Le platelage en OSB 18 mm nécessitera environ 10 panneaux de 2500×1250 mm (soit 24 m² de surface utile). Budget matériaux estimé : environ 400 € pour les solives, 120 € pour les panneaux OSB, 150 € pour la quincaillerie, soit 670 € au total.
Pour les charges plus lourdes (passage de personnes, mobilier, atelier), appliquez une charge d’exploitation de 250 kg/m² et majorez les sections d’un cran. Si vous envisagez de garer un véhicule sur le plancher (cas rare mais possible), la charge monte à 500 kg/m² minimum, ce qui impose des solives en bois lamellé-collé ou des poutres métalliques. Dans tous les cas, si vous avez le moindre doute sur le dimensionnement, faites valider votre calcul par un charpentier ou un bureau d’études structure. C’est un investissement de 200 à 400 € qui peut vous éviter des milliers d’euros de reprise.
Étape 1 : Préparer les murs et fixer les sabots de solives
La préparation commence par le traçage de la ligne de niveau sur les murs porteurs. C’est cette ligne qui détermine la hauteur exacte de votre futur plancher. Utilisez un niveau laser rotatif pour projeter une ligne parfaitement horizontale sur les quatre murs du garage. Marquez cette ligne au crayon tous les 50 cm. Si vous n’avez pas de niveau laser, un niveau à eau (tuyau transparent rempli d’eau) donne un résultat tout aussi précis, mais demande plus de temps. La précision à ce stade est cruciale : un écart de 5 mm sur la ligne de niveau se traduira par un plancher qui penche visiblement.
Ensuite, fixez les muralières (lisses de bois horizontales) sur les deux murs porteurs qui recevront les extrémités des solives. Une muralière est typiquement un madrier de section 75×150 mm ou 75×200 mm, fixé au mur avec des tire-fond de 10×140 mm ancrés dans des chevilles à expansion, espacés de 40 à 50 cm. Percez les parpaings au perforateur avec un foret béton de 12 mm, insérez les chevilles, puis vissez les tire-fond à travers la muralière. Vérifiez l’horizontalité avec votre niveau à chaque fixation. Si le mur n’est pas parfaitement droit, intercalez des cales en bois entre la muralière et le mur pour rattraper les irrégularités.
L’alternative aux muralières, ce sont les sabots de solives individuels fixés directement au mur. Cette méthode est plus rapide mais exige une précision de placement irréprochable : chaque sabot doit être positionné exactement à l’entraxe prévu, et tous doivent être parfaitement alignés en hauteur. Les sabots se fixent avec des vis à béton de type FBS ou des tire-fond sur chevilles. Chaque sabot reçoit au minimum 4 fixations (2 sur chaque aile). Vérifiez que le modèle de sabot correspond exactement à la section de vos solives : un sabot pour solive de 75×200 ne convient pas pour du 63×175.
Pour les murs latéraux (parallèles aux solives), vous pouvez fixer une muralière de rive qui servira d’appui au platelage en bordure. Ce n’est pas structurellement indispensable, mais cela évite que les panneaux de platelage ne soient en porte-à-faux sur les bords. Prévoyez aussi l’emplacement de la trémie d’accès (l’ouverture dans le plancher pour l’escalier ou l’échelle). La trémie nécessite un cadre renforcé avec des solives doublées (appelées « chevêtres ») sur ses quatre côtés. Dimensionnez-la en fonction de l’escalier prévu : 70×140 cm minimum pour une échelle de meunier, 200×80 cm pour un escalier droit confortable.
Étape 2 : Poser les solives et vérifier le niveau
La pose des solives est le moment où votre plancher prend forme. Commencez par la première solive, celle qui est la plus proche d’un mur latéral. Positionnez-la dans ses sabots (ou sur la muralière) et vérifiez qu’elle est parfaitement horizontale dans le sens de la longueur avec un niveau à bulle posé dessus. Si nécessaire, intercalez une cale fine sous l’une des extrémités. Fixez-la dans les sabots à l’aide de pointes torsadées ou de vis à bois de 5×50 mm traversant les ailes du sabot.
Posez ensuite les solives suivantes en respectant scrupuleusement l’entraxe prévu. Utilisez un gabarit de coupe (un morceau de bois coupé à la longueur exacte de l’entraxe) pour garantir un espacement régulier. À chaque solive posée, vérifiez trois choses : l’horizontalité dans le sens de la longueur, l’alignement en hauteur avec les solives voisines (posez un règle de maçon ou un tasseau droit en travers), et la verticalité de la solive (elle ne doit pas pencher sur le côté). Un plancher bois sur solivage bien posé, c’est un solivage où toutes les faces supérieures des solives sont dans un même plan horizontal parfait.
Pour les portées supérieures à 4 mètres, ajoutez des entretoises (aussi appelées « croix de Saint-André » ou « bridages ») entre les solives. Ces pièces de bois, fixées en diagonale ou perpendiculairement entre deux solives consécutives, empêchent le déversement latéral et répartissent les charges. Posez une rangée d’entretoises au milieu de la portée pour les portées de 4 à 5 m, et deux rangées (au tiers et aux deux tiers) pour les portées de 5 à 6 m. Les entretoises se taillent dans des chutes de solives et se fixent avec des vis de 5×90 mm en biais.
Si votre plan prévoit une trémie d’accès, c’est maintenant qu’il faut la réaliser. Interrompez les solives au droit de la trémie et fixez des solives d’enchevêtrure (perpendiculaires aux solives principales) pour encadrer l’ouverture. Ces chevêtres doivent être de section identique ou supérieure aux solives courantes, et fixés avec des sabots renforcés ou des boulons traversants. Doublez les solives qui bordent la trémie dans le sens principal pour compenser la perte de rigidité. La trémie est un point de faiblesse structurelle : ne lésinez pas sur le renfort à cet endroit.
Si vos solives présentent une légère courbure naturelle (c’est fréquent avec le bois de charpente), posez-les toujours avec la bosse vers le haut. Sous la charge du platelage et du stockage, la solive va se redresser progressivement et devenir parfaitement droite. Posée bosse vers le bas, elle accentuerait sa flèche et créerait un creux dans le plancher.
Étape 3 : Installer le platelage (panneaux ou lames de bois)
Le platelage, c’est la surface sur laquelle vous marcherez et poserez vos affaires. Avant de commencer la pose, vérifiez une dernière fois que toutes les solives sont bien de niveau et solidement fixées. Puis commencez par un angle du garage, en posant le premier panneau OSB ou la première rangée de lames perpendiculairement aux solives. C’est la règle d’or : le platelage se pose toujours perpendiculairement aux solives pour une résistance mécanique optimale.
Si vous utilisez des panneaux OSB ou contreplaqué, posez-les avec le grand côté perpendiculaire aux solives. Décalez les joints d’un panneau à l’autre (pose en quinconce) pour éviter les lignes de faiblesse continues. Chaque panneau doit reposer sur au minimum 3 solives, et ses bords courts doivent tomber sur l’axe d’une solive. Fixez les panneaux avec des vis à bois de 5×50 mm, espacées de 15 cm en périphérie et de 30 cm en partie courante. Laissez un jeu de 2 à 3 mm entre chaque panneau pour permettre la dilatation du bois : utilisez des cales d’espacement que vous retirerez après fixation.
Pour les lames de plancher massif, la pose est similaire mais plus longue. Posez la première lame avec la languette tournée vers le mur, en laissant un jeu périphérique de 10 mm. Fixez-la par vissage en biais dans la languette (fixation invisible) ou par vissage direct sur la face (fixation visible mais plus solide). Emboîtez les lames suivantes rainure sur languette, en les serrant avec un maillet et une cale de frappe. Décalez les joints de 30 cm minimum d’une rangée à l’autre. Pour la dernière lame, vous devrez probablement la déligner (couper dans le sens de la longueur) à la scie circulaire pour l’ajuster.
Quel que soit le type de platelage, soignez les découpes autour de la trémie et des éventuels poteaux ou conduits. Tracez vos découpes au crayon, coupez à la scie sauteuse pour les formes complexes, et fixez solidement les bords de la trémie sur les chevêtres. Si le garage est sujet à l’humidité (condensation, remontées capillaires), posez un film pare-vapeur polyéthylène entre les solives et le platelage. Ce film empêche l’humidité de migrer dans le bois et prolonge considérablement la durée de vie de votre plancher. Agrafez-le sur les solives avec un chevauchement de 15 cm entre les lés.
Étape 4 : Finitions et traitement du bois
Une fois le platelage posé, le gros œuvre est terminé, mais les finitions font toute la différence entre un plancher amateur et un travail soigné. Commencez par poncer légèrement la surface si vous avez utilisé des lames de plancher massif : un passage à la ponceuse orbitale avec un grain 120 suffit pour éliminer les échardes et les petites irrégularités de niveau entre les lames. Pour les panneaux OSB, le ponçage n’est pas nécessaire si vous prévoyez de poser un revêtement de sol par-dessus.
Le traitement du bois est une étape indispensable dans un garage, où l’humidité et les variations de température sont plus marquées que dans une pièce de vie. Appliquez un produit de traitement insecticide et fongicide sur l’ensemble du plancher (dessus et dessous des panneaux, solives comprises). Les produits de traitement en phase aqueuse sont les plus faciles à appliquer : deux couches au rouleau ou au pulvérisateur, en respectant un temps de séchage de 24 heures entre chaque couche. Pour les solives, traitez-les idéalement avant la pose, c’est beaucoup plus simple.
Si le plancher est destiné à un usage intensif (atelier, passage fréquent), appliquez ensuite une finition protectrice. Un vitrificateur polyuréthane en deux couches offre une excellente résistance à l’abrasion et aux taches. Une huile dure (type Osmo ou Blanchon) pénètre dans le bois et le protège tout en conservant un aspect naturel. Pour un simple plancher de stockage, le traitement insecticide-fongicide suffit, sans finition esthétique supplémentaire. Comptez entre 5 et 15 € par m² pour le traitement et la finition.
Enfin, posez des plinthes ou des couvre-joints en périphérie pour masquer le jeu de dilatation entre le platelage et les murs. Des tasseaux de 20×40 mm fixés au mur font parfaitement l’affaire. Si vous avez prévu une trémie, installez un garde-corps d’au moins 90 cm de hauteur sur les côtés ouverts (obligatoire si la hauteur de chute dépasse 1 mètre) et l’escalier ou l’échelle d’accès. Vérifiez que tout est stable, vissez les dernières fixations, et votre plancher bois de garage est prêt à l’emploi.
Plancher bois pour garage voiture : quelles précautions ?
Garer un véhicule sur un plancher bois dans un garage est techniquement possible, mais cela change radicalement le dimensionnement. Une voiture pèse en moyenne entre 1 200 et 2 000 kg, et cette charge se concentre sur quatre points d’appui (les roues) d’environ 200 cm² chacun. La pression au sol est donc considérable : environ 1,5 à 2,5 kg/cm² sous chaque pneu. Un plancher de stockage classique n’est pas conçu pour supporter une telle charge ponctuelle.
Pour un plancher bois pour garage voiture, vous devez dimensionner le solivage pour une charge d’exploitation d’au moins 500 kg/m², voire 750 kg/m² pour intégrer une marge de sécurité. Concrètement, cela impose des solives en bois lamellé-collé de section 100×300 mm ou plus, avec un entraxe réduit à 30 cm. Pour les portées supérieures à 4 mètres, des poutres métalliques (IPN ou HEA) en complément du solivage bois deviennent quasi indispensables. Le platelage doit être en contreplaqué CTB-H de 27 mm minimum ou en plancher massif de 30 mm.
Au-delà du dimensionnement, pensez à la résistance au poinçonnement. Les pneus exercent une pression localisée qui peut marquer ou percer un platelage trop fin. Posez des plaques de répartition en acier ou en contreplaqué épais (40 mm) sous les zones de stationnement des roues. Ces plaques répartissent la charge sur une surface plus grande et protègent le bois. Prévoyez aussi une rampe d’accès avec une pente maximale de 15 % et des bords latéraux de sécurité pour guider le véhicule.
En pratique, un plancher bois pour voiture est un projet complexe qui se rapproche davantage de l’ingénierie que du bricolage. Si c’est votre objectif, faites impérativement appel à un bureau d’études structure pour valider le dimensionnement. Le coût des matériaux sera aussi nettement supérieur : comptez 100 à 200 € par m² en matériaux, contre 30 à 80 € pour un plancher de stockage. Dans beaucoup de cas, une dalle béton sur poutrelles précontraintes sera plus adaptée et plus économique pour supporter un véhicule.
Un plancher bois standard (solives 75×225, OSB 22 mm) supporte environ 150 à 250 kg/m². Pour y garer une voiture, il faut au minimum 500 kg/m² de capacité portante, ce qui double ou triple le coût du projet. Évaluez bien votre besoin réel avant de vous lancer : dans 90 % des cas, un plancher de stockage ou d’atelier suffit amplement.
Quelle épaisseur et quelle charge pour un plancher bois de garage ?
L’épaisseur du plancher bois dépend de deux éléments : la hauteur des solives et l’épaisseur du platelage. En additionnant les deux, vous obtenez l’épaisseur totale du plancher. Pour un solivage en 75×200 mm avec un platelage OSB de 22 mm, l’épaisseur totale est de 222 mm, soit environ 22 cm. Avec des solives de 75×225 mm et un platelage de 22 mm, on passe à 247 mm. C’est cette épaisseur qu’il faut soustraire de votre hauteur sous plafond pour calculer l’espace disponible au-dessus et en dessous du plancher.
La charge admissible se décompose en deux catégories. La charge permanente (poids propre du plancher) correspond au poids des solives, du platelage et des éventuels isolants. Elle varie de 30 à 50 kg/m² selon les matériaux. La charge d’exploitation (ce que vous posez sur le plancher) est celle que vous devez dimensionner en fonction de l’usage. Voici les valeurs de référence : 150 kg/m² pour du stockage léger (cartons, vêtements, objets courants), 250 kg/m² pour un atelier ou un bureau avec mobilier, 350 kg/m² pour du stockage lourd (outils, matériaux de construction), et 500 kg/m² et plus pour un véhicule.
Pour vérifier que votre plancher est correctement dimensionné, appliquez la règle de la flèche admissible. La flèche, c’est la déformation (le creux